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Jean-Paul, tu m'accompagnes? Où çà? Ben au Maroc à
Marrackech avec les pendulaires, Erick organise une sortie avec son
équipe. "C'est Georges qui me propose ce vol." !!!! Ben
voyons c'est juste la porte à coté!!! Tu sais je…. Mais non tu
verras nous partons avec Michel son épouse Annick et l'équipe à Erick
qui a organisé toute une logistique pour accompagner les pendulaires
c'est super. C'est quand ? Au mois d'Avril. Dans ma petite tête (bon
nous sommes au mois de septembre on verra bien…) OK je suis partant.
"d'ici là mon ami Georges aura bien trouvé un remplaçant"
Avec Michel nous allons au BIA du Bourget pour la documentation tu viens
? Ben oui bonne occasion je ne connais pas le Bourget.
Dans la grande
salle du BIA, Michel étale les cartes sur la table pour nous proposer
un trajet avec ses étapes, puis vient la documentation auprès des responsables des vols, des
conditions douanières pour traverser le Maroc ainsi que les
autorisations de survol afin d'éviter la chasse !! Et on ne sait jamais…
Retour à la maison, séance informatique pour les correspondances, les
demandes d'autorisation de se poser en Espagne etc.…. Georges me fait
une confidence : "tu as un chèque à faire pour les réservations
d'hôtel puis pour le transport du carburant" ! Ah bon ! sûr que
cette balade ne va pas être gratuite, va falloir trouver les arguments
pour annoncer çà à Madame.
Finalement les documents sont à jour,
passeport en poche, le chargement sous douane du matériel est terminé,
nos deux ULM prêts, nous restons le nez en l'air, a surveiller la
météo qui refuse de s'améliorer, après quatre jours de vent et de
pluie, le rendez-vous est manifestement perdu, le vol est annulé. C'est
pas grave que disent mes lascars partisans du voyage, nous ferons la
bise à la belle de Cadix avec un petit tour par le Portugal. OK?.
Encore pas de chance, les vents et les orages rendent le vol impossible
dans le secteur de Perpignan. Cette fois-ci c'est bon, à mais non
Michel doit être rentré pour le 24, tant pis on fera plus court ! J'ai
pensé encore une coupure et nous nous poserons à Leuilly. Je me
trompais, nous décollons pour Montpezat avec une étape dodo à
Chatellerault.
Le jeudi 19 mai 10h.30 les bagages en place, les moteurs
sont chauds M…. un GPS récalcitrant, quelques minutes et c'est bon,
cap sur Etrépagny, pour longer ensuite la CTR de Beauvais, éviter la
centrale nucléaire et escale technique au Mans. Je pilote le coyote, en
m'efforçant de rester dans la ligne de vol du Guépy, ça pompe dur et
nous jouons au Yo-Yo, Georges suit le cheminement sur la carte
confirmant sa route par des coups d'œil sur son GPS, par sécurité
nous avions embarqué en second son ancien GPS qui me rend bien service
pour la précision de sa boussole. Le temps reste clair jusqu'au Mans
avec de bonnes formations assez actives de cumulus, nous maintenons
notre altitude à 1500 pieds QNH en tenant compte tout de même des
couloirs des vols militarisés et des CTR, mais là nous avons un
maître en la personne de Michel qui nous guide précisément, il suffit
de suivre sa q….non son sillage.
Après 2h.00 de vol, atterrissage sur la piste du Mans où nous
faisons le plein des réservoirs et de nos estomacs pour ces derniers,
en spécialités locales. L'accueil est sympathique, il fait bon dehors,
alors une petite sieste s'imposait, faut ce qu'il faut quand on voyage….
Deuxième étape, Chatellerault fin de la première partie, le paysage
est relativement plat et sans trop d'intérêt à part un château que
nous avons piégé au vol avec l'appareil photo "celui-là on
l'avait vu .." beaucoup de forêt, "mon Dieu que le moteur ne nous
lâche pas" ouais! Notre prière a été entendue et çà marche !!
A notre approche contact radio des locaux sont en vol nous en entendons
un à contre QFU, tant pis nous prenons la vent- arrière de la 18 main
droite, en finale ça ne descend pas et la vitesse augmente, le vent
était tournant et bien sûr dans le mauvais sens pour nous du coup trop
long je remets les gaz, un virage un peu serré pour une vent- arrière
basse altitude et vlan une turbulence violente, Georges se faisait du
souci quant à la suite des événements et de l'état final de son
appareil, mais non tout se passe bien.
Les ULM sont garés puis ligotés au sol pour la nuit. A noter encore
le bon accueil pour notre équipe et le service météo. Le lendemain
deuxième étape, Chatellerault - Montpezat, la météo est favorable pour
notre vol, avec un ciel dégagé, mais un vent contraire qui réduit
notre vitesse sol aux environs de 110, ce qui entraîne une consommation
importante du Guepy, un arrêt technique est donc prévu sur la piste de
Saint-Junien où nous savions trouver du carburant 100 LL.
Devinez quoi
? Personne sur le terrain. Bon d'accord nous n'étions pas attendus, et
pourtant un couple de retraités, modélistes nous a entendu depuis la
ville et s'est empressé de venir voir s'il pouvait aider, alors là
bravo ! Heureusement pour nous, ces braves gens ont pu contacter le
responsable à la pompe, gagné nous pouvions poursuivre notre périple
sans trop d'attente. Saint-Junien Perigueux, un petit vol, juste pour
nous mettre en appétit, par précaution avant le départ de
Chatellerault, nous avions consulté les notams pour le cas où, mais
rien.
Périgueux contrôle d'XA pour circuit consignes.
Ici Perrigueux
contrôle avez-vous demandé l'autorisation de vous poser?
A qui ?
A
nous !!
non!
Stand-by je vais demander !!!
non mais ils sont biens?
Après 1 minute...
XA vous pouvez vous poser...
Et bien et moi CB
qu'est-ce que je fais?
Vous aussi !! "ouf !"
Le terrain n'était
plus actif en IFR depuis une semaine et nous étions les premiers
visiteurs depuis ! Nous avons quand même pu refiouler et surtout le
repas au restaurant l'Escale, pour lequel nous avons regretté de ne pas
avoir de véhicule en compensation la marche, çà ouvre l'appétit,
heureusement le repas fut bon et la sieste qui s'en suivie aussi.
15 h.decollage pour Montpezat, (site ULM prés d'Agen) pendant ce vol
on se fait b….r de première, au sol des vignes encore des vignes, en
cas de panne bonjour la vache ! non çà c'est pour le planeur. Nos
moteurs bien vaillants nous tirent jusqu'à la finale, et là merci GPS
car trouver un terrain non balisé c'est pas fastoche tiens elle est là
la piste, un beau ruban goudronné sur lequel Michel pose ses roues, à
coté nous découvrons la piste en herbe, celle de Michel c'était le
taxiway…
Impressionnant ce gîte étape spécial ULM, de grands hangars, le
local d'accueil avec vitrines d'exposition de matériel d'équipement,
un atelier et son rayonnage de pièces détachées pour Sky et Rans
(nous avons profité de cet atelier pour une petite réparation de la
jambe de train avant du Coyote), des chambres claires et propres et
surtout un restaurant brasserie égayé du sourire de Karine, belle
brune aux yeux bleus. Nous passons deux nuits mais non.. pas avec
Karine, dans nos piaules de célibataires.
Étape suivante, "La Roche sur Yon" à 8h30 le ciel est
chargé, du vent, sur la feuille météo du jour, l'évolution sera
favorable, nous tentons un premier départ mais il nous faut abandonner
à 6 minutes de vol, le sol est accroché, demi tour Michel en profite
pour faire un détour , avec Georges nous cherchons le terrain, perdu
mon pote mais Zoro non le GPS était là qui nous ramène à l'écurie,
de toute façon pas de panique, avec nos réservoirs pleins, nous avions
le temps de visiter les alentours.
11h20 ce coup-ci c'est bien le
départ, le plafond est bon, direction Pons pour refiouler, où nous
arrivons avec de l'avance sur notre prévision, le vent favorable nous
gratifie d'un bon 160 de vitesse sol, nous ne stationnons que le temps
des pleins et direction La Roche sur Yon. Des anneaux d'amarrage sont
les biens venus, le temps d'attacher nos destriers (il y en a pas mal
sous le capot), le vent s'est renforcé il faut être prudent si nous ne
voulons pas terminer notre voyage en train. Le lendemain, de la pluie du
vent enfin une météo à déguster des huîtres sur place, ce que nous
faisons, notre emploi du temps étant des plus élastiques nous
attendrons les beaux jours sereinement en bon esprit ulmiste.
Lundi 23
l'amélioration du ciel nous engage à revoir notre occupation des
lieux, nous quittons donc nos hirondelles locales pour la finale,
Alençon et Amiens. Un vol toujours sans histoire, le vent est un peu
plus vigoureux et notre vitesse sol améliorée. Encore 8 km nous
passons sur le 123.4 et Georges me laisse le plaisir de dompter son
coyote à l'approche de la 30 sous un vent du 280 de 18 à 20 nœuds.
Notre périple s'arrête là, après 13h40 de vol sans incident, avec
toujours le plaisir d'avoir rencontré une camaraderie certaine et
l'assurance que pour arrêter un coyote et un guepy c'est une tâche qui
se révèle difficile. Par le sérieux de sa préparation de notre
navigation, Michel a éliminé 50% des difficultés du voyage, 30%
d'appréhension et 20% d'incertitude,.. le compte est bon.
Nous
envisageons d'autres sorties, toutes aussi courtes mais pas plus
longues, très riches en enseignements pour un pilote d'ULM et qui lui
donnent envie de recommencer, ne serait-ce que pour en parler aux
habitués du tour de piste et à ceux qui voudraient mais n'osent pas.
Un voyage à 3 multiaxes ce serait sûrement intéressant à vivre
surtout si chacun respecte les consignes de vol données au départ
l'idéal bien sûr ce serait 3 matériels identiques.
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