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Janvier Février 2004

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Le journal de l'aéroclub de Picardie Amiens Métropole

 

j Escapade aux Antilles !
Par Alexandre Hemet

 

J’ai profité de mon voyage de noces en Martinique et Guadeloupe pour découvrir ces deux îles du plus bel endroit de la terre : le ciel (c’est ce que dit Air France !). Réservations prises en Métropole (c’est beau Internet !) nous voilà, ma femme et moi, prêts pour l’aventure. Manque de bol, le vol au-dessus de la Martinique a du être annulé à cause de conditions météorologiques exécrables (et oui, il a plu aussi là-bas). Nous avons donc eu plus de chance en Guadeloupe où ce jeudi 29 janvier à 8h30, heure locale (-5 heures de décalage par rapport à la métropole), nous voilà alignés sur la piste 10 de St François (TFFC). 

Pour éviter les tours de piste obligatoires avec instructeur avant d’être lâché seul dans la nature, j’ai choisi de voler directement avec lui sur C-172SP (F-DHIX) de 180 CV. Je ne suis pas dépaysé car l’instructeur est le chef pilote de l’aéroclub de L’Aigle (61). Il passe toujours ses vacances en Guadeloupe et il vole pour rendre service chez Alpha Aviation à St François.

L’avion est récent et très bien équipé. Le décollage, avec 4 personnes à bord se fait tout seul. Quelques petites turbulences au décollage nous informent que les Alizés sont bien présents en ce jeudi matin. Première étape à 1000 ft Qfe vers la Pointe des Châteaux (extrémité Est de la Guadeloupe). C’est sauvage, cela ressemble un peu à la Bretagne sauf que la température ambiante est de 28°C (en plein mois de janvier) et la couleur de l’eau est turquoise. 

La pointe des Chateaux : Extrémité Est de la Guadeloupe

Passé cette pointe, je contacte Le Raizet (Pointe à Pitre) pour un suivi de vol. Je monte à 1500ft Qnh et prend la direction de la Désirade, petite île dépendante de la Guadeloupe à environ 20 Km de la Pointe des Châteaux. 

La Désirade : son plateau calcaire, son bourg et sa piste

A cet endroit, l’océan Atlantique rencontre la Mer des Caraïbes. Le résultat est fabuleux. Les couleurs virent du bleu turquoise au bleu foncé. La Désirade approche et le relief de l’île est très particulier car il n’existe qu’un seul village et une seule route Est/Ouest sur la côte sud de l’île. Tout le reste est sauvage et caractérisé par un plateau calcaire d’une centaine de mètres de hauteur peuplé uniquement d’éoliennes. 

 

Après avoir fait une verticale sur le terrain de Beauséjour et dit bonjour à l’hélicoptère de la Gendarmerie, je quitte cette petite île où Thierry HENRY, notre célèbre attaquant a appris à taper dans le ballon.


Direction Petite terre ! Deux bouts de cailloux perdus dans la Mer des Caraïbes entre la Désirade et Marie Galante, paradis des plongeurs à la recherche de Némo, le petit poisson clown. 

Il n’y a rien sur ces deux petits îlets à part un phare et de nombreux catamarans qui viennent s’ancrer dans les anses pour faire bronzette dans un endroit désert. Le survol est donc rapide et je prend vite le cap de Marie Galante qui est la plus grosse des « petites îles »  dépendantes de la Guadeloupe. 

Les 2 Ilets des Petites Terres

Champs de cannes à sucre, villages de pécheurs, distilleries, les habitants de Marie Galante ont de quoi survivre ! C’est également le paradis des randonnées sauvages dans la forêt tropicale. Jacky, l’instructeur, me montre un site à la pointe nord de l’île appelé « Gueule grand gouffre ». Cela ressemble à une énorme marnière que l’on peut trouver dans le Pays de Caux chez nous, sauf qu’en bas du trou c’est la Mer des Caraïbes. La verticale de ce site est impressionnante mais le voir du sol doit l’être tout autant.

 

On quitte Marie Galante, toujours à 1500 ft Qnh à 120 kt  vers Les Saintes. En montant dans le Cessna, Jacky me dit : « tu ne peux pas venir faire un vol en Guadeloupe sans te poser une fois aux Saintes, car la finale est assez particulière ». Allons-y donc ! Nous voilà en vue du terrain de Terre de haut (TFFS) pour une verticale à 1500 ft Qfe. Je quitte la fréquence du Raizet et passe sur les Saintes où je m’annonce pour un « Touch and Go ». 

Le Fort Napoléon aux Saintes


L’axe de piste est 09-27 et le vent de 10 à 15 kt est plein axe 09. Je me dirige vers le début de la vent arrière main gauche 09. Un petit virage serré nous permet de prendre des photos du Fort Napoléon, qui était sensé défendre la Guadeloupe à la grande époque Napoléonienne mais qui n’a jamais servi ! Au moins, il est entier et magnifique !

Je ralenti à 100 kt pour sortir  un cran de volet et admirer le paysage : anses magnifiques, des couleurs superbes (bleu turquoise pour la mer, des nuances de vert 

pour les monts), des petits bourgs avec des toits rouges caractéristiques, j’en oublie même de virer en base gauche 09. Une fois en base, la tension monte car la piste est courte, la finale est en biais par rapport à l’axe de piste pour cause de… montagne. La descente sur Les Saintes se fait donc grâce a des repères visuels sur le morne (mont) appelé « le Chameau » avec un plan à 10%, les pleins volets et 65 kt de vitesse.  

Jacky me donne les indications de descente entremêlées par des sites caractéristiques de l’île : « pain de sucre 700 ft, t’es bon dans le plan, … regarde en bas à droite le cata, superbe, … réservoir d’eau sur le chameau 500 ft, gaffe à ta vitesse si tu vas trop vite tu 

bouffes la piste et plouf (encourageant non !), … regarde à gauche la maison en forme de proue de paquebot, … 200 ft alignes toi sur la 09 et vise quelques mètres avant le seuil de piste… ». 

Je n’ai pas vraiment profité de ses remarques géographiques pendant l’approche, trop focalisé sur mon plan, ma vitesse et toujours à l’affût du moindre rabattant mais bon c’est une bonne expérience et heureusement les photos sont là !

L'arrivée aux Saintes

Nous voilà de nouveau en l’air à 1500 ft Qnh et 120 kt pour un retour vers la ville de Capesterre-Belle-Eau au Sud-Est de l’île de Basse-Terre (la Guadeloupe est composée de deux grosses îles : Basse-Terre avec le volcan la Soufrière et Grande-Terre, plus touristique). 

Le bourg de Terre de Haut aux Saintes

C’est une ville historique car c’est là que Christophe Colomb a débarqué pour la première fois en Guadeloupe. On survole des plantations de bananiers, de cannes à sucre mais, manque de bol, c’est bâché sur la Soufrière et les trois chutes du Carbet (ce sont trois cascades qui viennent de la soufrière, la plus haute fait 110 m de haut). Sur cette partie du vol, les conditions météorologiques se sont un peu dégradées : pluie, vent et quelques turbulences m’ont montrés que cela change très vite aux Antilles, mais ça ne dure pas.

Pointe à Pitre et sa baie s’ouvre devant nous, sous le soleil. La mangrove en dessous nous est magnifique. Le port de Pointe à Pitre est moins pittoresque avec ses pétroliers, cargos et … paquebots de luxe. Nous voilà à proximité de l’aéroport international de la Guadeloupe : Le Raizet où le contrôleur nous informe de l’arrivée d’un ATR 42 Air Caraïbes en provenance de Fort de France. J’aurais préféré côtoyer un 747 en provenance de métropole !

La Mangrove sur basse terre

Le retour sur St François se fait en longeant la côte touristique sud de l’île de Grande-Terre. Les hôtels du Gozier dans la banlieue de Pointe à Pitre, les plages de sable blanc de Ste Anne (Club Méd oblige !), tout un complexe hôtelier Pierre & Vacances entre Ste Anne et St François, et le village de St François avec son port de plaisance, sa plage, ses hôtels (dont le notre !), son golf international 18 trous et son terrain d’aviation. Après avoir goûté au terrain des Saintes, l’approche sur St François est des plus tranquilles. Je quitte la fréquence du Raizet pour celle de St François avec regret car les contrôleurs des gros aéroports sont très sympas avec les petits avions de tourisme. Je touche sur la 10 et quitte la piste la mort dans l’âme.

St François : Le boug, la plage, le golf et l'aérodrome

Les plages de la Guadeloupe

Pour ceux qui auront la chance de partir en Martinique ou en Guadeloupe prochainement, n’hésitez pas à faire comme moi car l’expérience est inoubliable et les aéroclubs sont très accueillant. J’en ai sélectionné et testé deux pour vous : ATIS en Martinique et Alpha Aviation en Guadeloupe. Les prix sont identiques à ceux pratiqués en France. Par exemple, pour un C172 SP (180 CV) + instructeur (un vol avec instructeur reste obligatoire même si vous avez des centaines d’heures de vol à votre actif), le coût à l’heure est de 187 €. 

Bons vols à tous !

Alexandre HEMET

 

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